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CHAPITRE 9 EN LIGNE

Bonjour, j'espère que toutes mes lectrices vont bien. Je tenais à m'excuser pour ce long retard à vrai dire je n'ai plus la tête à ma fiction avec les vacances. Je pars dans une semaine en voyage pour trois semaines donc je sais pas si j'aurais mis le nouveau chapitre. Je crois que j'ai besoin de retrouver la motivation et l'envie pendant les vacances. Et surtout trouver de nouvelles idées. Pardonnez-moi. Bisoux. Et bonne vacances. Peut-être à bientôt.


# Posté le dimanche 21 décembre 2008 15:14

Modifié le mardi 30 juin 2009 18:25

BienvenuePeter Pan is Back avec tout plein de petites surprises

 BienvenuePeter Pan is Back avec tout plein de petites surprises


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"Promenons nous dans les bois
Pendant que le loup n'y est pas.
Si le loup y était, il nous mangerait,
Mais comme il n'y est pas, il nous mangera pas.
Loup y es tu ? Que fais tu ?"


Flamboyante de vie, elle courait sur l'herbe, pieds nus, pour sentir la fraîcheur des matins. La brise légère faisait parcourir de petits frissons sur sa peau, la laissant frémir de temps à autre. Mais bizarrement, elle aimait cette sensation de froid, elle aimait sentir ces poils se redressaient sous l'effet de vent glacial. Ses cheveux ondulés et longs, légèrement cuivrés par reflet, virevoltaient et retombaient au fur et à mesure de sa course sur ses épaules. Le paysage défilait aussi vite que lui permettait sa fugue intempestive. Elle portait une céleste robe blanche qui laissait apercevoir une peau si blême, si douce. Son modeste habit flottait avec elle, au gré du chemin. Elle suivait son intuition, poursuivant par la droite puis vers la gauche, ne laissant cri égard au petit garçon qui l'appelait. Tout était si parfait dans ce petit parc aux allures de bonheur. Une perfection qui n'échappait pas à la petite fille à la robe blanche, Inaya.


Un jeu favori? Jouer avec les sentiments.



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Pour être prévenu, laissez un commentaire sur cet article et sur les chapitres qui suivront, s'il vous plaît.



Le dixième chapitre est là.




# Posté le mercredi 26 novembre 2008 10:42

Modifié le mercredi 24 juin 2009 13:14

Chapitre 1: "Oui, j'étais heureuse de vivre. Et maintenant?" Inaya

Chapitre 1: "Oui, j'étais heureuse de vivre. Et maintenant?" Inaya
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Un Jour, Quelque part

Point de vue d'Inaya

Inaya : Tu n'as aucun droit de me demander ça, pas maintenant !
Mère d'Inaya : Ecoutes, j'en ai besoin...
Inaya : Maman, je le ferais mais plus tard!
Mère d'Inaya : Demain, il sera trop tard, tu le sais autant que moi.

Une larme puis deux roulèrent tel un automatisme sur mes joues. Je ne pouvais les cacher à ma mère mais je m'enfuis de cette chambre étouffante, me rappelant que tant de vies ont été brisées dans si peu d'espace. Je traversai ce couloir de la mort, les yeux déjà rougis, brouillés. Je me cognai contre un homme visiblement tenant un bouquet de roses. J'entendais déjà le râle malfamé de l'inconnu mais n'ayant même plus le temps de m'excuser, je continuai à courir, fuyant ce désarroi qui m'accablait. Enfin, la porte, dernier obstacle de ma délivrance. Puis la lumière. J'essuyai d'un revers de mains les dernières traces visibles de mes récents sanglots. Si tout pouvait s'effacer d'une seule trêve...mais la vie n'a rien d'un cadeau. Je pris mes écouteurs direction mon dernier Paradis : la Musique. Témoin de mes songes, elle figurait à mes yeux comme une richesse encore plus précieuse que l'or. Sans aucun doute, j'avais besoin de réfléchir bercées par ces mélodies. Je savais que rien ne s'arrangerait. Alors c'était bien fini ? Ma complice, mon bonheur, ma lumière, tout disparaîtrait, du jour au lendemain ? Comme si de rien n'était, comme si elle n'était que l'illusion d'un rêve. Depuis que ce maudit soi-disant Dieu l'avait choisie pour prochaine victime de cette maladie, je n'avais plus que ce vague espoir d'y croire, juste pour survivre. Plus rien n'avait de sens, ni ma vie, ni même mes mots. Si jeune et si orpheline, voilà mon glorieux futur. Oh, je me souviens encore de l'impitoyable verdict : « Je suis désolé, la médecine ne peut plus rien pour vous ». C'étaient les ultimes mots du cancérologue. A ce moment-là, je t'ai promis de continuer à chanter dès le matin rien que pour toi. Je t'ai promis de prendre ta main lors de nos derniers instants de joie. Je t'ai promis de te mettre en colère encore quelques fois. Je t'ai promis tout simplement d'être là à chaque instant. Et toi, maman, tu me demandes à présent de porter une lettre ? En Allemagne ? Tu n'as pas le droit. Et comme si elle se baladait dans ma tête, elle apparut tel un ange.

Mère d'Inaya : Je sais que tu veux être là...
Inaya : Oui mais...Mère d'Inaya : Ecoutes-moi un instant...

Alors je bus toutes ses paroles comme si ce fut la fin, ne cessant de lire dans la profondeur de ses yeux, sa peur de mourir. Oui, je savais...Le soir, je l'entendais sangloter malgré l'épaisseur de nos murs. Elle me le cachait. Protectrice de nos malheurs. Je la crus mot pour mot : elle serait là quand je rentrerai. J'avais alors accepté, à contre c½ur, pour elle. Le compte à rebours était lancé depuis déjà quelques mois, c'est pour cette raison que je partirai le lendemain. Le soir même, je préparai ma valise, prenant le minimum. Je serais bientôt rentrée. Je passai la nuit à me tourner et retourner, ne comprenant pas. Pourquoi ? Je voudrais redevenir cet enfant pleine de vie qui découvrait le monde illuminé. Cette petite fille qui rêvait en secret d'un pays imaginaire, qui courait avec l'envie d'aller plus loin, qui s'endormait les yeux pétillants de bonheur. J'aimerais croire encore aux contes de fées où tout se termine bien. Je voudrais entendre rire ma mère à tous ces stupides jeux auxquels on s'amusait. Oui, j'étais heureuse de vivre. Et maintenant?
Elle tenut à m'accompagner à la gare. J'étais anxieuse, ne sachant qui j'allais rencontrer. Qui était cette personne ? Quel rôle avait-elle joué auprès de ma mère ? Quelle était l'importance de cette lettre ? Tant de questions, finalement sans réponse. Jusque là, ancrée dans un lourd silence, elle me donna des recommandations inattendues.

Mère d'Inaya : Tiens, voilà la lettre. Je ne veux en aucun cas que tu l'ouvres. Promets-le-moi !

Je voulais contester mais son regard persistant ne fut que me déclarer perdante. Et je m'inclinai d'un hochement de tête.

Mère d'Inaya : Présentes-toi comme la fille d'Helena Switz. Ne me pose aucune question à ce sujet. Tu comprendras bien trop tôt.
Inaya : Quand ?
Mère d'Inaya : (me laissant dans l'incertitude le plus frustrant) Fais ce que je te dis. Allez viens, tu vas rater ton train.

Ma mère obtenait souvent ce qu'elle voulait. L' « adieu »fut si rapide, un baiser et hop dans le wagon. A peine installée, le train démarra. J'étais alors assise près de la fenêtre, j'observais disparaître la femme qui m'avait donne la vie. Son visage était recouvert d'un masque de souffrance, pâle et jauni. Ses joues étaient creusées, son sourire était éteint et ses yeux étaient tristes. Un simple voile fin recouvrait sa tête nue. Sa maigreur apparente lui donnait l'allure d'une poupée si fragile. Elle est belle malgré ce poison qui l'a meurtri. Pourtant elle faisait face à ce qu'il l'attendait : la mort. Ce mot me fit frissonner tout le long de mon échine. Elle était désormais loin, me laissant seule avec mes pensées et cette question qui me tourmentait était-ce un adieu ou au revoir ? Tiens ta promesse, maman, je t'en supplie. La lettre de toutes les convoitises était encore entre mes mains. Ma curiosité l'a dévoré maintenant d'envie. J'étais redevenue la petite fille attendant la venue du Père Noël. Cette adrénaline de savoir montait en moi. Et cette voix fluette, vous savez celle qui vous dit « Fais-le, fais-le ». J'avais décidé de l'écouter, de me laisser tenter. Après tout, ma mère n'en serait rien. Mais voilà, son image terne, fantôme de ma mémoire apparut. Non, je ne devais pas. Je la rangeais dans mon sac. Epuisée d'une longue nuit, je m'endormis sur les airs de « We are » d'Ana Johnson.
Mes idées encore confuses, je descendis du train. J'étais là, dans cette gare, au milieu d'inconnus, dans un pays déjà détestable. Personne ne se souciait des autres. Eux aussi, ils évitaient l'inévitable : le départ. Objet de tout chagrin, de toute honte et de même de tout soulagement. Les amants se séparaient, les enfants riaient, les parents s'inquiétaient, les mendiants priaient et les acharnés se souciaient. Telles étaient les histoires racontées sur les quais. Une imperturbable routine. Je restai là, peut-être des heures ou quelques minutes. Qu'importe le temps, je suis venu, j'ai vu et je n'ai pas vaincu. Vaincue cette anxiété, la cause de ces tremblements et de ce sourire handicapé de sincérité. Cours-la rejoindre, serres-la, retiens-la, demandes-lui de ne pas partir. Non, je dois. Je sortis de cette gare. Après être monté dans un taxi, je partis vers une destination dont je n'ai jamais foulé. Les paysages défilaient jusqu'à se figer sur une maison. Me voilà arriver. Il était temps. Je frappai à la porte. Qui allais-je découvrir ?



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Voili, Voilou,
J'aimerais vraiment avoir votre avis: si vous avez aimé, si quelque chose ne va pas et ce que vous pensez du personnage d'Inaya. Et puis aussi votre avis sur l'histoire.

Des questions à me poser?! N'hésitez surtout pas!

Bisoux

# Posté le mercredi 26 novembre 2008 10:45

Modifié le mercredi 24 juin 2009 13:19

Chapitre 2: "Il reste toujours quelque chose de l'enfance, toujours..." Marguerite Duras

Chapitre 2: "Il reste toujours quelque chose de l'enfance, toujours..."  Marguerite Duras
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Flash Back :
« Je suis là, derrière toi ! »
L'enfant courait pour échapper à l'emprise de la petite fille qui agitait ses fines mains, un coup en avant, un coup en arrière. Elle riait de sa maladresse et des paroles amusées de son compagnon de jeu. Elle écoutait cette voix enfantine qui la guidait. Mais les règles furent transgressées, elle fut piégée vers d'autres frontières et tomba lourdement au sol, déchirant sa jolie robe pourpre et l'affectant d'une blessure au poignet...
Fin du Flash Back


Point de vue omniscient

Par temps de stress, Inaya aime se rassurer en caressant délicatement la cicatrice de son poignet droit, profonde plaie d'un passé oublié signant sa différence. Elle taponne du pied, trépigne d'impatience et souffle de temps à autre en attendant qu'on veuille bien lui ouvrir la porte. Elle veut connaître la vérité sur cette lettre. Cet écrit bien que douteux était le fruit d'un véritable mystère de sa mère. Elle frappe une seconde fois, bien décidée cette fois à se faire entendre. Vue l'insistance d'Inaya, une femme eut l'amabilité de l'accueillir. Enfin, ne vous avancez pas trop vite, elle n'avait nullement le plaisir de lui proposer d'entrer dans sa demeure.

La femme : (d'air agressif) Qui êtes-vous ? Reculez. Laissez-les respirer.

Point de vue d'Inaya

Elle ne prit pas la peine de connaître ma réponse qu'elle m'avait déjà si gentiment fermé la porte au nez. Quelle était cette furie ? De qui parlait-elle ? Je ne comprenais pas comme toujours. Etonnée par une telle réaction, je reste figée sur le seuil. La malchance était donc avec moi ? Rien ne se passera donc comme prévu un jour ? Jamais. Moi ce que je souhaitais, c'était juste glisser la lettre entre deux charabias inutiles et filer la rejoindre une dernière fois. Mais le destin s'acharne. Pourquoi ? Une force fit monter la rage et la haine dans mon profond intérieur, désignant mon c½ur pour ultime épée. Nul doute, la fragilité mêlée au chagrin vous découvre une violence venant des âmes blessées. Le visage fermé, aigri de ranc½urs, je frappe cette porte devenue forteresse. Surement agacée par temps de tapage, elle rouvrit déterminée à me faire déguerpir au plus vite. Mais à la vue de mes yeux rougis et de mes mains quelques peu écorchées, elle ne dit mot.

Inaya : Je vous en supplie, écoutez-moi...

Je m'écroule dans un dernier souffle, prise par un tournis, sur le sol. Elle s'approcha de moi, inquiète de la tournure des évènements.

Inaya : Je suis la fille d'Helena Switz...

A l'appel de ce nom, elle devient blême. Mais continua à se terrer dans un sordide silence. Elle m'aida à me relever. M'empoignant le bras, elle m'emmena dans le salon, m'assit sur une chaise et m'apporta un verre d'eau. C'est quand elle prit place à son tour sur un siège, que je compris que c'était le moment. Je lui tendis la lettre, soucieuse du contenu. Elle l'ouvra. Elle n'exprimait aucune colère, aucune joie, laissant parfois apparaître une quelconque émotion au creux de ses yeux. J'attends le châtiment déclaré par le maître de cérémonie, la sentence privilégiée. Elle finit par replier le mot. Les secondes, les minutes défilaient dans un calme déstabilisant. Puis la délivrance.

La femme : Je suis Simone Trümper.
Inaya : Pourquoi vous ? (Ces mots étaient partis si spontanément, si agressif à la fois.)
Simone : Je suis une vieille amie à ta mère. Tant de temps ont passé depuis que je l'ai rencontré. Je n'aurais jamais pensé qu'elle m'écrirait et encore moins que tu viendrais apporter cette lettre. Je ne serais répondre à ta question. Je suis désolé. J'aimerais t'accompagner en France pour revoir ta mère si tu le souhaites ?
Inaya : Faites comme vous voulez.
Simone : Quand repars-tu ?
Inaya : Le plus tôt possible, demain.
Simone : Si tu veux, tu peux rester dormir ici ce soir.
Inaya : Merci

J'étais dans l'incapacité de poursuivre, malgré mon envie de savoir. C'est ainsi que la conversation prit fin. Elle me proposa une des chambres de l'étage. J'y rentre, laissant Simone à ses occupations. Assise sur le flanc du lit, assurant mon meilleure poste, celui d'observatrice, je m'engouffre dans un univers qui me fit frissonner mais qui me met malgré tout à l'aise. Les placards vides, le bureau rangé, le sol recouvert d'une fine couche de poussière, donnait à cette pièce, un air d'abandon. L'enfant était parti loin, recouvrir ses yeux de paysages aussi magnifiques les uns des autres. Il avait plongé dans un bain d'aventures euphoriques. Peut-être pour l'amour de ses rêves. Seul un cahier noir revigorait cette chambre sombre, d'un espoir de vie. Surement, des mots alignés, successifs formant des confidences, se regroupaient dans ce journal. Par respect pour l'auteur, je détourne mon regard et m'écroule littéralement sur le lit, me laissant bercée dans les bras de Morphée. Je me réveille quelques heures plus tard.
Lassée d'être enfermée dans ces quatre murs, je descendis les escaliers, profitant de l'odeur vagabonde qui s'échappait de la cuisine. Je sortis. Je pris le temps de respirer un grand bol d'air frais.
[...]

Je marche depuis bientôt des heures. Il fallait que je rentre à présent. Je passe avant d'arriver au terme de ma petite expédition devant le parc de la petite ville. Un esprit d'hilarité m'envahit. Le bac à sable, les balançoires qui grinçaient, un ballon oublié, les bancs vieillis par l'histoire, tant de détails qui me rappelait un déjà vu. Des rires résonnaient. Des enfants qui couraient. Une voix enfantine. Stop. Je devenais folle. Le diable me collait t-il au corps ? Je m'échappe, fuis vers la sérénité de la maison de Simone. Je rentre enfin, montant jusqu'à cette chambre le plus vite possible, voulant éviter toute conversation. Arrivée à mon acquis, je m'endormis, choquée.
[...]

Enfin, le retour à la case départ, la gare. Il était temps.



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Voilà,
Franchement, je redoute encore plus votre avis que sur le premier.
Est-ce que vous aviez su avant de le lire qui était derrière la porte? Trop flagrant?
Qu'est-ce que vous avez pensé de la réaction d'Inaya devant le parc?
Est-ce que vous avez toujours envie de lire cette fiction ou pas?
Oui, beaucoup de questions, ce qui prouve mon anxiété.
Bisoux




# Posté le vendredi 05 décembre 2008 10:35

Modifié le mercredi 24 juin 2009 13:21

Chapitre 3: "Où es-tu ?"

Chapitre 3: "Où es-tu ?"

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Point de vue d'Inaya

Vérité et lâcheté. Deux simples mots, souvent confrontés mais qui résument si bien mon état d'esprit. Celle qui détient la clé déverrouillant la porte lourde d'un mystère n'est autre que devant moi. Une femme visiblement soucieuse et intérieurement rongée par le passé. Elle sait. Mais elle évite avec un semblant d'ignorance. Si j'avais le courage d'arracher ce foulard noir m'aveuglant de mensonges auxquels j'expire tant de force. Je suis prisonnière de ma propre raison. Tel est mon slogan. Ridicule ? Agaçante ? Oui, vous avez raison. Et pourtant ? Mes songes sont pris de vol par une voix criarde et énervante.

« Le train à destination de Paris arrive en gare de Montparnasse, terminus du train. Nous espérons que vous avez passé un agréable voyage et vous souhaitons une bonne journée »

Je traduisis à Simone ces quelques paroles. Il est vrai que je parle allemand. D'ailleurs, je crois bien que je pratiquais cette langue avant même le français. Ma mère a grandi dans ce pays germanique. Elle est venue bien plus tard en France. Pour quelles raisons ? Je n'ai jamais abordé le sujet avec elle. Vous savez son passé a toujours été un sujet sensible où je m'y suis heurtée tellement de fois. La seule chose qu'elle ne m'ait jamais cachée est qu'elle soit orpheline. Etant enfant, j'étais souvent solitaire, jugée sans famille. Pas de repas à Noël, pas de grands-parents. Les enfants ne prêtaient guère attention à « la pauvre ». Surnom blessant qui m'a littéralement laissé une plaie ouverte. Quand ils m'abordaient, il n'était question que de moqueries en tout genre. Dans chaque classe, il y a l'exclu. Celui dont on ne daigne adresser la parole. Celui que vous accablez sans raison. Celui qui pleure sur un banc seul. Celui qui attend patiemment dans son coin que la cloche sonne. J'étais cette petite fille de nature joyeuse et joueuse mais fragilisée et détruite par disait-on tant d'innocence. Oui, je les haïssais. Puis arrivée au collège, je m'en suis fait un jeu. C'était mon combat. J'ai appris à vivre et à maîtriser ma colère qui m'envahissait jour après jour. J'ai surpassé sans me plaindre. Avec elle, ma meilleure amie. Nous étions deux enfants contre eux. Nous étions heureuses à rire pendant des heures, à survoler les étoiles de notre imagination, à écrire nos aventures, à se réjouir devant un vinyle, à grimacer, à rebondir de nos malheurs. A ne vivre rien que pour nous. Pourquoi utiliser le passé ? Elle est partie sur un autre sentier. Elle aussi a des rêves et elle y court après, pour connaître leur saveur. Elle a abandonné sa terre pour rejoindre sa Destinée. Elle a fui le désarroi pour conquérir la lumière. Elle est devenue mannequin, maigre et affaiblie par cet enfer qu'elle renie. Les podiums l'ont rendu cadavre malgré sa croyance. Seule moi se soucie de son être. Et quand je regarde les photos d'un catalogue, elle me renvoie cette piteuse image d'une femme salie par les médias. M'a-t-elle oublié ? Le serais-je un jour ? Je serais lui faire face si elle me revient.

Chaque kilomètre nous rapprochait. Chaque pas vers l'avant nous transportait. Chaque sourire était les derniers. Vers elle. Ma mère. L'hôpital était toujours là, immense édifice blanc ancrée dans le sol et les mémoires. Chaque jour, l'Homme accourait vers une de ses protégés. Une mère brisait le silence par un cri de détresse. Une petite fille se retrouvait orpheline croyant être abandonnée. Une s½ur pleurait le déclin de son double. Oui chaque jour, une bougie s'éteignait pour en allumer une autre et par la suite se consumer. Je pris une dernière fois ma respiration et me décide de rentrer. Il fallait y croire. Simone saisit ma main, nos doigts fins se lièrent. Elle était là, tel était son message.

[...]

Ton lit est vide, balayé par des draps blancs. Ta voix cassée et réconfortante ne résonne plus dans ce soudain apaisement. Ton sourire a disparu dans les ténèbres de ces pièces sombres. Je te cherche. Où es-tu ? Des hommes habillés en blanc me parlent, m'expliquant combien ils sont désolés. Pas autant que moi. Je bafouille des mots incompréhensibles qui n'ont plus aucun sens en guise de réponse. Des pensées me submergent.
Il paraît que tu as dit adieu à ce monde aigri par le temps pour rejoindre une illusion paradisiaque. Il paraît que les anges t'ont accueilli en déployant leurs ailes blanches, légèrement dorées. Il paraît que dans un dernier souffle, tu as prononcé mon prénom. Il paraît que tu as fermé les yeux sans plus jamais les ouvrir. Il paraît que la mort a eu raison de toi. Il paraît mais est-ce vrai ?

[...]

Je suis à présent dans ma chambre, celle dans laquelle elle venait chaque soir me souhaiter une bonne nuit. Je ne sais plus comment je suis arrivée ici. Je ne sais plus où Simone est, si elle est avec moi ou pas. Je suis seule, alimentée par l'éclat de la haine qui emprisonne mon c½ur d'une foudroyante forteresse dont elle a posé délicatement la dernière pierre. Celle qui me condamne à vivre sans réconfort. Ce sentiment est poignant mais ressenti à présent. La déchéance de son ultime promesse a entraîné cette déception dominant mes paroles et mes actes. Vous savez bien « Le c½ur a ses raisons que la raison ignore » J'aimerai pleurer sa mort, être submergée par la tristesse m'écrouler sous le poids du désespoir, crier au monde l'injustice et bafouer cette croyance amère. Mais seule la colère de son mensonge me tient à l'écart de tant d'émotions. Accepter sa trahison ? Jamais. « Abuser » comme réaction, diriez-vous ? Peut-être mais je n'ai pas la volonté d'y croire.

[...]


Point de vue omniscient

Le vent d'automne lui giflait sa joue de souffles saccadés et glacées. Les arbres agitaient ses branches d'une violence palpable. Les feuilles mortes s'engageaient dans un tourbillon de danses vagabondes. Aucun chant d'oiseaux n'osait briser le calme qui pesait en ce moment. Seules deux silhouettes animaient cet endroit d'un espoir de vie. Leurs regards étaient plongés dans un chagrin tourmenté. Leurs têtes étaient baissées vers un tas de terres remplies de mélancolie pure. Vêtue d'un noir profond, l'une d'entre elles tenait une rose rouge entre ses mains, essayant d'oublier sa crainte de l'avenir. C'était Inaya, la même petite fille, seul son c½ur ne suivait plus dans ses ténèbres. Simone s'obligeait à ne pas craquer, même pas une larme, pour cette enfant orpheline. Et pourtant, elle était blessée de cette perte, de celle qui avait été auparavant comme une s½ur. Inaya déposa délicatement la fleur sur la tombe de sa mère. Elle s'approcha de Simone et s'engouffra dans ses bras pour oublier quelques instants la douleur. Elles restèrent ainsi des minutes, des heures se confortant dans la chaleur de leurs deux corps. Il leur faudra du temps pour cicatriser.


Point de vue de Simone

Nous sommes rentrées le c½ur toujours aussi lourd et malheureux. Il fallait à présent que j'organise mon départ. Je repense jour après jour aux derniers mots de mon amie qu'elle m'avait tendrement écrit. Une mère anxieuse pour le futur de sa fille. Je te jure Helena, je prendrai soin de ta fille. Je serai sa protectrice comme tu l'as été. Je lui offrirai l'amour qu'elle aura besoin pour vivre. Je respecterai ta dernière volonté jusqu'au dernier moment. Je te le promets.

Inaya est assise sur le rebord du lit. Elle regarde un album photo. Je m'installe à côté d'elle. Elle pleure pour la première fois depuis la mort de sa mère. Ses larmes coulent le long de ses joues et retombent sur le livre des souvenirs. Je me surprends à les essuyer à l'aide de mon pouce comme je le fais avec mes enfants. D'un seul coup, elle vient ancrer ses jolies yeux verts dans les miens et paniquée elle me parle :

Inaya : Qu'est-ce que je vais devenir ? Je ne pourrai jamais assumer tout : le lycée et un travail pour subvenir à mes besoins. Simone, je veux qu'elle revienne. Elle n'avait pas le droit de me laisser ici. Non pas le droit...Comment je vais faire ? Ne m'abandonne pas à ton tour Simone. Je t'en supplie.

Simone : Non jamais, je ne t'abandonnerai pas. Je te le promets.

Au mot « promesse », elle me dévisage comme si de vieux fantômes avaient refait surface.

Simone : (dans un sursaut de courage) Veux-tu venir avec moi en Allemagne ?



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Voilà le troisième chapitre,
Alors qu'est-ce que vous en pensez?
Imaginiez-vous une telle réaction d'Inaya face à la mort de sa mère?
Oui, toujours des questions je sais!
Bisoux

# Posté le dimanche 14 décembre 2008 08:47

Modifié le mercredi 24 juin 2009 13:23

Chapitre 4: "Les départs donnent souvent l'illusion d'une renaissance" Jacques Languirand

 Chapitre 4: "Les départs donnent souvent l'illusion d'une renaissance" Jacques Languirand

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Point de vue d'Inaya:

L'Allemagne est bientôt mienne...

Flash Back (quelques heures auparavant)

« Veux-tu venir avec moi en Allemagne ? »

L'incompréhension et l'incertitude me saisirent. Je plonge mes yeux dans les siens cherchant la Vérité. Pourrait-elle répéter ? Juste pour faire évader ce brouillard qui m'enveloppe de son manteau d'inquiétude. En signe d'approbation, elle me reformula la question. Et ma réponse ne se fit pas attendre et mit fin à une atmosphère pesante. Elle sonna comme une évidence. Simone, d'un air soulagé, me prit dans ses bras et me serra le plus tendrement possible.

Simone : Oh, merci...
Inaya : Pourquoi tu fais tout ça pour moi ?
Simone : Parce que j'ai promis. C'est pour cette raison que ta mère t'avait envoyé en Allemagne. Elle pensait à ton avenir...sans elle. Tu pouvais faire ma connaissance tout naturellement.
Inaya : Pourquoi tu as accepté de m'aider ?
Simone : Par amitié pour ta mère mais aussi pour toi.
Inaya : Alors ce n'est pas à toi de me remercier mais à moi. Merci Simone.
Simone : Ne t'inquiètes pas. C'est avec plaisir. Mes enfants seront ravis d'accueillir une petite s½ur.
Inaya : Tes enfants ?
Simone : Oui deux fils, des jumeaux.
Inaya : Oh...Oo
Simone : Il faudrait que tu prépares tes affaires pour demain. Je sais que c'est précipiter mais si tu le souhaites on peut rester encore quelques jours.
Inaya : Non, on peut partir demain.
Simone : Ok. Je te laisse.

Fin du Flash Back

La pluie fine se déferle sur la vitre salie par le temps des hommes et s'abat sur les terres déjà humides pour effacer les dernières traces d'homicides subies par la nature. Le train, conducteur de pensées, amène mon c½ur fragilisé et haineux, vers une nouvelle destinée, une nouvelle raison de vivre et d'avancer. Les paysages défilent laissant l'euphorie de mes tendres années derrière, loin derrière.
Les passagers rêvassent. Certains veulent oublier les angoisses de l'avenir. D'autres pensent à ce quotidien qui les enferme dans l'ennui. Et encore d'autres se découragent de la misère du monde à travers les lignes d'un juge humain appelé journaliste. Simone, elle aussi, dévore de ses yeux gourmands chaque bout de terre, chaque pas vers l'avant. Je lis en elle cette impatience de retrouver les siens, de redessiner les traits des visages familiers et d'enlacer ses fils comme pour la première fois. Oui, ses fils. Qui sont-ils ? Vont-ils m'accueillir gentiment ? Ou me sentirais-je étrangère et rejetée ?

Inaya : Comment s'appellent-ils, vos fils ?

Je sortis Simone d'une longue réflexion, surprise par ma question spontanée.

Simone : Oh... ! Bill et Tom...alors tu ne souviens vraiment pas ?
Inaya : Souvenir de quoi ?
Simone: Il y a plusieurs années déjà, tu as vécu en Allemagne avec ta mère. Nous étions alors voisines.
Inaya : Non ? En Allemagne ? Maman, ne m'a jamais rien dit.
Simone : Tu as grandi avec mes fils pendant tes cinq premières années. Qu'est-ce que vous étiez mignons tous les trois !

La sagesse de cette histoire faisait naître dans ses yeux un éclat de lumière alors inconnue et nostalgique. Elle me raconta quelques anecdotes et bêtises que j'avais accomplies avec ses jumeaux. Tous ces sourires complices et coquins qui alimentaient l'innocence de trois êtres si purs. Tous ces baisers volés qui enjolivaient la croyance des mères. Toutes ces fabuleuses histoires qui berçaient les nuits de trois anges. Tous ces chagrins consolés qui renforçaient les liens d'apparence si enfantins mais tellement fusionnels. Tous ces jeux d'enfants auxquels seule la pureté d'une petite fille et de ses compagnons peuvent réjouir par tant d'admiration. Le bonheur. C'était le sentiment que faisait surgir ce conte merveilleux. D'après ce que m'a dit Simone, nous étions si heureuses avec maman. Comme à son habitude, ma mère m'envoutait d'une hilare impression d'incompréhension et d'absurdité. Pourquoi étions-nous parties de ce pays ? Je ne le serais surement jamais...

Arrivées enfin à destination, nous prenons un taxi dont le conducteur, un peu trop bavard, nous raconte sans aucune limite sa « misérable » vie. C'est sûr que comprendre après vingt ans de mariage que sa femme le trompe depuis déjà dix ans, ça doit pas être facile... !

Je repense au même trajet que j'ai effectué, il y a quelques jours. Il m'y parait une éternité. A présent, toutes les croyances auxquels je tenais ont été anéanties par des révélations tardives. Toutes les vérités transmises se sont révélées des fautes inavouées. Tous les sourires sincères ne cachaient que des mensonges pitoyables. Si j'en veux à ma mère ? Elle m'a désarmé, m'a menti et m'a laissé seule avec la haine de me soumettre à l'injustice de la vie. Alors oui, je lui en veux... Peu importe les raisons qui l'ont poussé à fuir ce pays, peu importe elle m'a trahi encore une fois...Alors que je sens la colère m'envahir, je repense aux larmes qui ont dévalé mes joues pourprées, hier. Elles représentaient non la tristesse mais la nostalgie de mon passé. Elles n'auraient pas dû couler, s'échapper, s'éveiller pour mourir sur les photos aiguisées par mes sourires heureux. Non, jamais, elles n'auraient dû. Je voulais être forte, ne pas me heurter à la peine. Et pourtant la faiblesse des hommes s'est emparée de mon corps pour un instant de sanglots. Mais, je ne veux pas que la vie victorieuse me lance d'un air hautain « Echec et mate, Inaya », je dois me battre. Me battre. Me libérer. Avancer. Grandir. Jouir de petits plaisirs. Jouer à être moi-même pour une fois.

Le moteur s'éteint et me fait sortir de ses lugubres pensées. Nous sommes arrivées. Nous sommes arrivées. Nous sommes arrivées. Je ne cesse de me le répéter pour me convaincre que ma vie est à présent en Allemagne, le pays que je n'aurais jamais dû quitter. C'est alors que mon c½ur s'accélère comme s'il me faisait signe d'un renouveau, d'une rencontre inattendue. Simone ouvrit la porte. Des bras viennent resserrer l'étreinte de la femme. Surement ces enfants. C'est après ce doux câlin entre une mère et ses fils que je les vis...
Eux, mes compagnons de jeux, mes tendres complices du temps.



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Voilà le quatrième chapitre,
Auto-critique: Je le trouve sans-interêt. Pour moi, c'est un chapitre de transition qui permet de faire le lien entre deux chapitres. C'est tout.
Mais le meilleur juge, c'est vous. Alors, j'attends vos avis avec impatience.
Sinon, j'espère que vous avez passé un bon Noël!
N'hésitez pas à me dire ce que vous avez eu, oui je suis de nature curieuse! ^^
Moi, le Papa Noël a laissé le CD de Paramore dans sa fabrique de jouets...et c'est pas faute de l'avoir cherché! Pas grave, je l'aurais à mon anniversaire...je sais que du bla bla...!
Bisoux

# Posté le mercredi 24 décembre 2008 09:17

Modifié le mercredi 24 juin 2009 13:24

Chapitre 5: "L'enfance est un voyage oublié." Jean de La Varende

 Chapitre 5: "L'enfance est un voyage oublié." Jean de La Varende
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Point de vue d'Inaya :

Non ? Je ne pouvais le croire. Les membres du fulgurant groupe Tokio Hotel. Je me souviens encore de ce jour où avec Ambre, nous avons aperçu dans la vitrine d'une maison de disque une affiche. L'affiche d'un nouveau groupe. Quatre jeunes et insouciants découvrant un monde perfide et trompeur. Quatre styles illustrant une différence annonciatrice de changement. Quatre visages dévorant de leurs yeux pétillants l'accomplissement d'un rêve. Tokio Hotel .Et je me souviens de la main de ma meilleure amie m'empoignant le bras d'un geste douloureux et décisif. C'était fini. J'aurai pu les aimer, j'aurais pu. Mais l'influence des médias et des critiques extérieures ont fait naître en moi la haine irraisonnable, suffisante à anéantir leur espoir. J'ai préféré la facilité. Et c'est ainsi que j'ai injurié les pauvres folles et gamines qui admiraient leurs corps, que je me suis moquée des messages que livraient leur musique, que j'ai craché sur leur fabuleux destin, que j'ai bu à leur fin. Oh oui, j'ai détesté. Et maintenant, je me retrouve face à face avec l'insoutenable absurdité qui m'envahit. Je les admire de mes yeux. Ils me condamnent de ma naïveté.

Ni la profondeur de leurs yeux, ni les traits fins de leur visage, rien derrière ces images m'avaient fait douter. J'avais donc oublié la petite fille que j'étais. Celle qui avançait les yeux bandés son chemin à l'unisson des pas du monde. Et pourtant leur regard si sombre, si intense, me plongent à présent dans un tourbillon de souvenirs lointains. Un passé rieur et enfantin. Les mêmes pupilles qui m'emportaient autrefois dans un monde merveilleux. Là-bas où on n'osait briser la fulgurante envolée de trois êtres. Oui, eux. Mais aujourd'hui, malgré une histoire commune, que connais-je de vous ? Juste l'image des journaux, juste le sourire figé et agacé, juste l'arrogance de la réussite. Mais vous qui êtes-vous ? Dévoilez vos vrais visages. Enlevez les masques assombrissant votre beauté. Affrontez le peuple sans ce rôle méprisant et adulé par des milliers de filles. Libérez-vous de ces chaînes qui font de vous les pantins d'une publicité mensongère.

... : Inaya ?

Un des jumeaux osa briser la bulle de pensées et de sourires qui s'était formée entre nous, admirable et apaisante. Je détaille de mes yeux mon interlocuteur. Un sourire malicieux limite audacieux. Un regard étrangement protecteur et insistant. Un bandeau recouvrant la totalité de son front. Une casquette digne des rappeurs retenant de longues dreads blondes tombées sur les épaules. Une veste étroite. Un baggy. Etonnant provocateur.
...Inaya?!

Inaya : Oh pardon, oui !

... : Moi, c'est...

Inaya : Tom, le dragueur salop et le comique du groupe. Je sais...merci.

Seule l'ironie de mes paroles put s'échapper de ma bouche.

Tom : Quelle réputation !

Inaya : Et lui, c'est Bill le beau parleur et le plus prétentieux du groupe...

Bill : Et toi, c'est Inaya...

Inaya : Juste Inaya !

Je me retire de la conversation sous les airs choqués des garçons et rejoins Simone dans le salon qui s'est affairée à ranger ses affaires de voyage. J'entends déjà un des deux jumeaux montait, surement dans sa chambre. Je n'aurais peut-être pas dû m'adresser à eux de cette manière mais que voulez-vous, je n'ai plus confiance. Et cette habitude de haïr leurs visages met si familière que je me refuse de m'ouvrir à eux.


Point de vue de Bill :

Peut-être orgueilleux ou fière. Mais jamais les mots ne m'avaient blessé autant que les paroles d'Inaya. Ranc½urs et mépris. Pourtant mon métier m'avait appris à oublier les insultes lancées à tout va par des jaloux malintentionnés. Mais elle ? Où est passée la petite fille rieuse de mes souvenirs ? Celle qui voulait rejoindre les étoiles pour éclairer mes nuits d'enfants. Celle qui boudait derrière un arbre pour mieux être consoler. Celle qui me tenait la main chaque matin pour passer le portail de l'école. Maintenant ce sourire est parti et moi je déteste déjà Petite Inaya.


Point de vue de Tom :

Je sens mon frère perturbé par ces retrouvailles. Je le suis tout autant que lui mais d'une manière différente, vraiment différente. C'est vrai qu'on est bien loin d'Inaya, la petite fille bagarreuse qui rentrait chez elle avec de nouveaux hématomes. Oui, très loin. Maintenant, elle est comment dire...attirante au plus haut point. Voilà comme d'habitude, je passe pour le mec qui saute sur tout ce qui bouge. Image quand tu nous tiens. Mais je ne suis pas comme ça enfin pas tout à fait...Je devrais peut-être monter voir Bill pour le rassurer. C'est mon rôle de le protéger.

[...]

Et voilà que je me casse la gueule dans les escaliers.

Tom : Putain de merde...Saleté de baggy !

En plus de çà, je suis pas du tout discret. Bill sort de sa chambre et me voit affaler dans les escaliers. Pas besoin de décrire sa réaction. Il s'est mis à rire...indigne de frère.

Bill : T'es vraiment un boulet comme frère...

Tom : Et toi, t'es vraiment pas drôle quand tu t'y mets...

Rires. Ce moment de délires nous laisse enfin se délivrer de toute cette pression qui nous a privés de notre liberté.


Point de vue d'Inaya :

Me voilà dans une chambre différente de la dernière fois. Je suis prise dans un semblant de remords. Je n'aurais pas dû les agresser, leur envoyer autant de méchancetés gratuites dès la première rencontre. Après tout, il voulait juste faire ma connaissance ou m'aider à prendre mes marques. Mais le pessimisme insuffle sur mes opinions et mes pensées depuis la mort de ma mère. Avant, j'aurais pu laisser de côté la ranc½ur envers eux et même sympathiser. Comprendre et admirer leurs vies, croire en une nouvelle amitié, livrer mes peines. Sauf que la réalité de ces derniers jours m'a appris à me méfier de tous sans exception qu'ils soient des rock stars ou pas. Je n'arrive plus à faire le pour et le contre, à renoncer aux préjugés qui m'emprisonnent. Non, je ne peux plus. Et maintenant je m'en veux d'avoir eu une telle réaction. Alors une part d'humanité existe encore en moi. Je devrais peut-être...m'excuser...
J'entends des rires s'ecchapés de la chambre. J'aimerais tellement joindre mon rire aux leurs pour oublier ma Vie un instant. Excuse. Seul mot qui me sépare de ces moments d'euphories. Allez prends ton courage à deux mains Inaya pour une fois.


Point de vue de Tom :

Après un bon petit quart d'heures d'enfantillage, je m'écroule sur le lit de Bill et sent son corps se poser près du mien. Le silence nous surprend et nous laisse savourer ces instants ensembles, juste ensembles. Et Dieu sait combien ils sont importants. Juste la respiration de mon frère rythmée à la mienne, juste la main de mon frère sur la mienne, juste les doigts de mon frère entremêlés aux miens, juste l'odeur de la peau de la mienne enivrée à la mienne. Juste la fraternité de deux individus. Un lien venu des anges jouissif d'un amour éternel. Rien ne me fera renoncer à ma chair, à mon sang. Parce que seulement dix minutes après mon existence est nées ma raison d'être, celle pour laquelle le bout du monde ne m'effraie pas. Je connais chaque parcelle de sa lumineuse beauté. Ses yeux, couleur chocolat, me regardent toujours avec une confiance aveugle. Sa bouche dépose des milliers de plaisirs innocents sur ma peau. Ses mains se baladent sur ma joue réchauffée par tant de douceur. Son nez se réfugie près de mon cou appréciant la saveur de mon parfum. Ses oreilles écoutent l'irréparable de mes erreurs sereinement. Mon seul juge, mon frère.
Pourtant aujourd'hui, une anxiété le submerge. Je le sens.

Bill: Tom?

Tom: Oui... !

Bill: Ce n'est pas Inaya...

Tom: ...Oo

Bill: Notre Inaya, la petite fille de 5ans.

Tom: Tu ne peux pas dire çà Bill ! On ne l'a vu qu'une fois.

Bill: (montant d'un ton) Alors, tu la défends ? Elle nous insulte sans raison et toi tu la défends ?

Tom: Non, arrêtes ! Je ne la défends pas. Je pense juste qu'elle ne doit pas être bien ces temps-ci et qu'il faut être compréhensif un peu !

Bill: C'est pas une raison !

Tom : Elle a perdu sa mère ! Bill, putain !

Quelqu'un frappe alors à la porte...


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Le cinquième chapitre est là...J'ai mis pas mal de temps à l'écrire dû au fait que j'étais pas satisfaite de ce que je fesais mais bon j'ai à peu près réussi à mettre ce que je voulais. Alors pour l'instant je mets en place les personnages et leurs caractères pour la suite de l'histoire dont j'ai déjà une petite idée de comment elle va se dérouler. J'espères que ce chapitre va vous plaire. Si vous pouviez mettre 3 commentaires ou plus s'il vous plait pour exprimer votre ressenti sur cette suite s'il vous plaît (en plus de çà exigeante)
Voilà Bisoux et BONNE ANNEE à tout le monde!


# Posté le dimanche 11 janvier 2009 09:11

Modifié le mercredi 24 juin 2009 13:25

Chapitre 6: "La souffrance de l'emprisonnement réside dans le fait que l'on ne peut, à aucun moment, s'évader de soi-même." Abe Kobo

Chapitre 6: "La souffrance de l'emprisonnement réside dans le fait que l'on ne peut, à aucun moment, s'évader de soi-même." Abe Kobo
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Point de vue d'Inaya :

Tom : Elle a perdu sa mère ! Bill, putain !

Je m'apprêtai à ouvrir, à ravaler ma fierté, à reconnaître mes erreurs et voilà que des mots me parviennent en pleine face. Des mots que j'ai tant de fois refouler et refuser d'y croire. Sa voix me parut si grave et si dure, son ton me parut si froid et si libéral et ses paroles me parurent si réelles et si détestables. J'ai mal, très mal, frappée à plein fouet par l'ignorance qui me submergeait depuis bien trop longtemps. Et maintenant, je cours, je fuis vers une autre issue pour ne pas être surprise de mes émotions qui s'éveillent. Oui, je pleure pour la réalité des mots, pour cette vérité douloureuse et pour tourner une nouvelle page d'une histoire bien triste. Comprendre et accepter le destin de ma mère, peut-être y arriverais-je. Mes jambes tremblent et s'évanouissent dans un lourd fracas. Je glisse sentant la froideur de la porte sur mon dos. Mes larmes ne cessent de couler et de mourir sur mes joues pourprées. Elles sont le témoin du refus de mon passé. Je gémis par le poids de mes souffrances. Pourtant, je m'étais promis de me battre et d'être maître de moi-même. Subir. Se soumettre. S'abaisser. Etre l'ombre de ma vie. J'avais décidé de rayer ses mots de mon avenir. Mais je n'ai voulu reprendre goût à la vie qu'y mettait offerte. Aujourd'hui, j'ai tout perdu mon âme d'enfant, ma raison d'exister et mon envie de sourire. Depuis toujours, j'ai cru que le destin me suivrait au-delà de toute vie, qu'il oublierait la mort et qu'il m'emmènerait auprès des anges pour y conquérir la lune. Je pensais que seuls les démons connaîtraient les flammes du malheur. Vous savez, pour moi, le monde merveilleux de Peter Pan existait. J'y croyais. Je pensais même que ma mère faisait parti des messagères de cet univers. Je pensais que lors d'une belle nuit étoilée, on viendrait me chercher pour m'y conduire. Oui, voler, une peluche sous les bras. Rien ne m'aurait atteint. Rien n'aurait pu éclater la bulle d'enthousiasme et de magie que j'avais créé. Vraiment rien ne m'aurait touché. Jusqu'à 17ans, j'étais heureuse et un jour, un simple jour a détruit mes espoirs. Il a tout balayé. Alors j'ai préféré m'enfermer dans un autre mensonge. Trouver le coupable à mon malheur. C'était mon ultime objectif. Mais, je n'avais pas compris que pour accuser il fallait que quelqu'un est commis un délit. Ma mère n'est pas coupable. Non, elle est victime d'une maladie meurtrière. Je me sens honteuse, humiliée par tant de culpabilité. Et maintenant, il ne me reste plus qu'à apaiser cette haine d'injustice pour vivre enfin. Je me relève tel un boxeur laissant la douleur pour la rage de vaincre. Je m'approche du miroir qui se dresse devant moi, juge impitoyable des derniers jours. Seul un reflet terne et dépourvu de bonheur apparaît sous mes yeux. Mon maquillage s'est évanoui avec mes larmes, laissant sa trace noir sur mon teint blême. Je ne ressemble plus qu'à un furieux gâchis. Je sculpte mon visage à l'aide de mes mains frémissantes Celles-ci s'agitent et redécouvrent ma bouche pulpeuse puis vacillent pour essuyer mes sanglots et repartent à la conquête des traits de ma frimousse endolorie.
Elles avaient oublié, j'avais oublié, nous avions oublié.



Point de vue de Tom :

Personne n'avait osé ouvrir la porte ou peut-être avait-elle fui ? Mon frère est toujours allongé sur son lit. Il a désormais fermé les yeux pour conclure ainsi le débat. Surement déçu par ma réaction. Il aurait voulu que je le défende. Je sais bien. Mais il faut qu'il sache que quoiqu'il arrive, je serais toujours avec lui. Je lui reparlerais plus tard. Je le laisse se reposer. Je me lève, me met sur la pointe des pieds pour être le plus discret et jette un rapide coup d'½il vers ma moitié endormi. Il a l'air si paisible. Un véritable ange.

Tom : Aïe !!

Décidément, ce n'est vraiment pas ma journée. Après les escaliers, c'est le lit qui s'en prend à moi. Mauvais joueur. Bill dort toujours. Heureusement, sinon j'en aurais entendu des vertes et des pas mûres toute la journée.

Enfin, je ferme la porte derrière moi, avec toujours autant de délicatesse. Même pas le temps de dire « ouf » que j'entends des plaintes provenant de la chambre d'ami. Quelqu'un pleure. La curiosité est un vilain défaut, on ne te l'a jamais dit Tom ? Et voilà ma conscience qui me joue des tours. Quelle galère cette journée !
La porte de la pièce est légèrement entrouverte, me laissant l'accès d'entrevoir l'intérieur. Un pitoyable spectacle s'offrit à mes yeux. Elle et le monde. Elle et le miroir. Elle et la tristesse d'une vie. Oui, elle. Inaya. Elle est là, plongée dans un sombre chagrin. Elle regarde l'image que lui renvoie la glace. Surement une image perfide et détestable qu'elle voudrait oublier et censurer. En une fraction de seconde, elle s'écroule au sol. Elle se recroqueville sur elle-même, se protégeant de l'égoïsme des hommes. Ses pleurs s'accentuent avec la souffrance d'un c½ur brisé. Je ne peux m'empêcher de m'approcher pour la consoler. Je veux qu'elle sente ma présence et qu'elle prenne ma main tendue pour un chemin moins dur. Je le prends dans mes bras mais elle me repousse. Je la retiens. Elle commence à me frapper à l'aide de ses petits poings. Je ne réponds pas à cette attaque. Elle se détache de cette rage qui l'habite. Elle expire la colère pour reconstruire son histoire. Elle se bat contre-elle même pour exister. Mais après quelques secondes de pure souffrance et de résistance, elle émet des signes de fatigue. Elle se blottit contre moi. Elle me laisse enfin lui prouver mon dévouement pour elle. La chaleur de son corps. La sensualité de sa peau. La douceur de ses cheveux. Toutes ces choses qui font d'elle une personne délicate me rendent fou. Elle relève sa tête, ouvre ses grands yeux couleur émeraude et me regarde.

Inaya : Je suis désolée....

Je pris sa frimousse entre mes deux mains rugueuses pour ne pas qu'elle baisse les yeux.

Tom : Chut...

Je pose un de mes doigts sur sa bouche laissant la magie opérée. L'immensité de son regard pourrait tuer un amoureux imprudent. Coquins et bien trop chaleureux, ses yeux inspirent un grain de folie pour un océan d'euphories. Je me perds dans son vert si envoûtant soit-il.

Oh non, Inaya, ne me soumets pas à tes feux ardents. Arrêtes de jouir de cette situation à travers tes yeux fabuleux. Ne me regarde plus avec autant de malice. Au fond, tu es toujours la même petite fille. Bill avait tort. Tu es l'unique Inaya. Tu aimes toujours autant vivre avec le danger et les désirs enfantins. Tu as toujours eu ce pouvoir de séduction envers les hommes. Déjà à l'âge de 5ans, tu revigorais les âmes d'un espoir illusionnaire. L'intrigue et le mystère règnent toujours dans ton royaume. Qui es-tu Inaya ?

C'est elle qui après m'avoir discrètement mimé un sourire se replonge dans mes bras une dernière fois et met fin à un supplice de désir. Elle s'endort doucement et rejoint ses rêves pour un moment de tranquillité. Je la pose délicatement sur son lit. Je prends une chaise et la place à son chevet. Je m'y asseye et me surprends à contempler une nouvelle fois la sublime beauté d'Inaya. La fille que j'observe en secret n'est la même fille qui pleurait. Celle-ci a l'air si calme et si apaisée. Les démons de sa vie ne s'amusent plus à la tourmenter et ont fui vers une autre destinée. Cette fille a même au creux de ses lèvres un léger sourire plein d'espoirs.


REVE D'INAYA :

... : Inaya, je t'ai trouvé, je t'ai trouvé, je t'ai trouvé !!!

L'enfant sautille et savoure sa victoire. Lui dont sa vigilance lui a souvent fait défaut face à sa redoutable adversaire.

Inaya : C'est pas juste !

... : Oh non, boudes pas. J'aime pas çà, tu sais.

Inaya : Et j'aurais quoi en échange de plus bouder ?!

... : Hum...un bisou...

Inaya : Bon d'accord...comme les grands alors...

... : Si tu veux...

Leurs bouches se rencontrèrent avec autant de douceur que d'innocence pour la première fois. Un léger frôlement des lèvres. Elles scellèrent une histoire certes enfantine mais si attendrissante. Les enfants se retrouvaient derrière l'arbre de leur vie et paraissaient aux yeux de tous de deux anges qui commettaient l'irréparable. C'était juste un simple baiser mais un baiser de deux petits amants qui s'avouaient à travers cet acte un amour grandissant. Les deux bambins, l'air satisfait et heureux, partirent rejoindre leurs mères qui discutaient sur un banc sans le moindre doute de ce qu'il venait de se passer, main dans la main comme si leur amour était éternel.


Point de vue omniscient :

Inaya se réveille en sursaut, perlée par quelques gouttes de sueurs. Non, elle ne venait pas de cauchemarder. Non, surement pas. C'était juste son passé profond qui la surprenait dans son sommeil. Quelqu'un la regardait. Elle tourna la tête et vit Tom.


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Voilà le sixième chapitre...
Déjà, je suis désolée pour ce retard que je n'avais pas prémédité. Mon chapitre était prêt samedi dernier mais une tempête a changé tous mes plans. Enfin le principal est qu'il soit là...j'espère! Je suis pardonnée????
Alors j'ai plein de questions pour vous: Comment trouvez-vous la réaction d'Inaya? Comment trouvez-vous la réaction de Tom fasse à Inaya? Quel est selon vous la deuxième personne du rêve d'Inaya? Tom, Bill ou quelqu'un d'autre? Mon coeur balance...=)
Je peux vous demander une dernière faveur? Oui? 100 commentaires sur ce chapitre? C'est possible? Merci <3
Allez, je vous mets dans la confidence: j'ai eu mon album de PARAMORE pour mon anniversaire! Simplement magnifique<3 Je vous le conseille si vous aimez ce groupe et que vous hésitez pour l'acheter...<3
Bisoux



# Posté le vendredi 30 janvier 2009 16:12

Modifié le mercredi 24 juin 2009 13:27